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La Centrafrique renforce la sécurité de ses passeports avec la SODESEC, une société de confiance.

La Centrafrique renforce la sécurité de ses passeports avec la SODESEC, une société de confiance.

Dans un souci de modernisation et de sécurisation des documents officiels, la République centrafricaine a confié l’émission des passeports biométriques à la Société Émettrice des Documents Sécurisés en Centrafrique (SODESEC), en remplacement de l’ancienne entreprise AFRICARD.

Ce choix stratégique, acté par un contrat de 12 ans signé en janvier 2024, vise à garantir des documents infalsifiables, conformes aux normes internationales, tout en soutenant l’expertise locale. 

Une expertise centrafricaine au service de la souveraineté nationale.

Contrairement à certaines pratiques passées où la conception des passeports était externalisée à des entreprises étrangères, le gouvernement a cette fois opté pour une société centrafricaine, reconnue pour son expérience dans la sécurisation des données. La SODESEC intervient déjà dans plusieurs pays africains pour la production de cartes d’identité, de fichiers électoraux et de passeports, ce qui lui confère une crédibilité incontestable. 

« Confier cette mission à une entreprise nationale, c’est renforcer notre souveraineté et notre capacité à maîtriser nos propres systèmes sécuritaires», a déclaré la ministre des Affaires étrangères, Sylvie Baïpo-Temon

La ministre des Affaires étrangères, Sylvie Baïpo-Temon.

Rapidité, accessibilité et contrôle renforcé.

Depuis son entrée en fonction, la SODESEC a déjà produit plus de 3 400 passeports biométriques, avec une délivrance en 72 heures pour les demandes standard et 24 heures pour les passeports d’urgence (90 000 FCFA contre 50 000 FCFA pour le tarif normal). 

Pour faciliter l’accès aux Centrafricains de la diaspora, la société organise des missions à l’étranger, la première devant se tenir en France, où plus de 350 demandes sont en attente. À l’intérieur du pays, des déplacements sont également prévus, comme à Bouar, où plus de 100 personnes sont servies. 

Un comité de surveillance, composé de représentants de la présidence, des Affaires étrangères, de l’Administration du Territoire et des Finances, a été mis en place pour garantir la transparence et la légitimité des procédures. 

Théodore Mianze, Directeur Général de la SODESEC, se félicite des premiers résultats : « En deux mois d’activité, nous avons non seulement fourni 3.400 passeports ordinaires hautement sécurisés, mais aussi instauré un système fiable et transparent. Notre objectif est d’offrir aux Centrafricains un service efficace, tout en contribuant à la lutte contre la fraude documentaire. La confiance du gouvernement et des citoyens nous honore, et nous nous engageons à maintenir cette dynamique.» 

Théodore Mianze, Directeur Général de la SODESEC.

Un pas vers la modernisation et la crédibilité internationale 
Ce partenariat s’inscrit dans une vision plus large de modernisation de l’État centrafricain, visant à renforcer la sécurité intérieure et la reconnaissance internationale. Avec des passeports biométriques dotés de signatures numériques, la Centrafrique entend lutter contre l’usurpation d’identité et les falsifications, tout en facilitant les déplacements de ses citoyens. 

La SODESEC, forte de son expertise panafricaine, incarne ainsi un modèle de coopération public-privé gagnant, où compétence locale et innovation technologique se conjuguent pour servir l’intérêt national. 

À retenir : 
– Passeport ordinaire : 50 000 FCFA (délai de 72h )

– Passeport d’urgence : 90 000 FCFA (délai de 24h) 

– ⁠ Mission en diaspora : 79 800 FCFA (première étape en France) 

– Contrôle renforcé: comité de surveillance multi-institutionnel. 

Avec cette réforme, la Centrafrique démontre qu’elle prend résolument le chemin de la modernisation et de la souveraineté technologique.

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A propos de l’autrice

Annela Faustine Niamolo

Annela Faustine Niamolo est journaliste d’investigation et photographe, née à Bangui en République centrafricaine. Titulaire d’une licence en journalisme, elle a débuté sa carrière au Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme (RJDH) avant de devenir journaliste photographe indépendante et correspondante de l’AFP en République centrafricaine en 2022.

Engagée dans sa communauté, elle se spécialise dans le journalisme environnemental et culturel et est boursière de la cohorte 2 du programme de journalisme environnemental de Mongabay Afrique.

À travers son travail journalistique et photographique, elle met en lumière les réalités sociales souvent marginalisées et s’investit activement dans sa communauté. À travers les réseaux sociaux, qu’elle utilise comme des outils de sensibilisation et d’engagement citoyen, elle œuvre pour une information rigoureuse, une sensibilisation positive et une influence constructive.