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Centrafrique : Faustin-Archange Touadéra investi pour un nouveau mandat entre espoirs et attentes

Centrafrique : Faustin-Archange Touadéra investi pour un nouveau mandat entre espoirs et attentes

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a été investi en grande pompe lundi à Bangui, ouvrant officiellement son troisième mandat à la tête du pays et premier mandat de la septième république. Une cérémonie marquée par une forte mobilisation populaire et diplomatique, mais aussi par des attentes élevées de la population.


Élu pour la première fois en 2016, le chef de l’État a été reconduit lors de l’élection présidentielle de décembre 2025 avec 77,90 % des voix, un scrutin contesté par une partie de l’opposition, notamment par Anicet Georges Dologuélé, qui dénonce une « fraude massive ».

Un mandat placé sous le signe de la stabilité

Dans son discours d’investiture, Faustin-Archange Touadéra a réaffirmé ses priorités :
« consolider la paix, la sécurité, la réconciliation et l’unité nationale ».

À 68 ans, ce mathématicien de formation, ancien Premier ministre de François Bozizé entre 2008 et 2013, reste une figure centrale de la vie politique centrafricaine.

Soutenu par ses partisans qui le qualifient de « bâtisseur de la paix », il est également critiqué par ses détracteurs, qui pointent notamment ses liens avec le groupe russe, engagé aux côtés des forces armées centrafricaines.

Une investiture devant 15 000 personnes

La cérémonie s’est tenue au stade Barthélémy-Boganda de Bangui, devant près de 150 000 spectateurs et en présence de plusieurs chefs d’État africains, dont :
• Évariste Ndayishimiye, actuel président en exercice de l’Union africaine
• Denis Sassou Nguesso
• Brice Clotaire Oligui Nguema
• Azali Assoumani

Une capitale transformée pour l’événement

En amont de la cérémonie, la ville de Bangui a connu d’importants travaux d’embellissement : rénovation du stade, réhabilitation de routes, installation de feux tricolores et peinture de nombreux bâtiments sur les grandes artères.

Des efforts salués par certains habitants.
« Je suis très fière de voir cette investiture, ça montre que notre pays avance malgré les difficultés », confie Marie Solange Nadjikouma, venue assister à la cérémonie.

Entre satisfaction et attentes fortes

Mais ces transformations ponctuelles ne suffisent pas à dissiper les attentes profondes de la population.

« On apprécie les efforts qui ont été faits, mais maintenant, on attend du concret », explique Blaise Constant Yakité.
« Il faut que les routes soient améliorées partout, qu’il y ait de l’électricité, de l’eau, et surtout des emplois pour les jeunes. Les gens veulent voir des changements dans leur quotidien, pas seulement pendant les grandes cérémonies. »

Certains aménagements ont également suscité la controverse, notamment une statue à l’effigie du président installée sur la place dite « Touadéra Merci », finalement recouverte après de vives critiques sur les réseaux sociaux.


Un pays encore confronté à de nombreux défis

Malgré une relative amélioration de la situation sécuritaire depuis la guerre civile des années 2010, le pays reste fragile. Le président lui-même reconnaît que la paix demeure un acquis précaire.

Aujourd’hui, près de 90 % du territoire est sous contrôle gouvernemental, contre une large domination des groupes armés quelques années auparavant.

Toutefois, les défis socio-économiques restent immenses dans ce pays enclavé d’environ 5,5 millions d’habitants.

Une politique de dialogue maintenue

Face à ces enjeux, Faustin-Archange Touadéra entend poursuivre sa stratégie de dialogue avec les groupes armés.

« J’ai tendu la main (…) et la paix revient grâce à cette volonté du dialogue. Je continuerai cette politique de main tendue », a-t-il déclaré.

Entre promesses et réalités

Cette nouvelle investiture ouvre ainsi une nouvelle phase pour la République centrafricaine, entre ambitions de stabilisation, attentes sociales pressantes et interrogations sur la gouvernance.

Si les signaux de reconstruction sont visibles, c’est désormais sur le terrain du quotidien que ce troisième mandat sera véritablement jugé.

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A propos de l’autrice

Annela Faustine Niamolo

Annela Faustine Niamolo est journaliste d’investigation et photographe, née à Bangui en République centrafricaine. Titulaire d’une licence en journalisme, elle a débuté sa carrière au Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme (RJDH) avant de devenir journaliste photographe indépendante et correspondante de l’AFP en République centrafricaine en 2022.

Engagée dans sa communauté, elle se spécialise dans le journalisme environnemental et culturel et est boursière de la cohorte 2 du programme de journalisme environnemental de Mongabay Afrique.

À travers son travail journalistique et photographique, elle met en lumière les réalités sociales souvent marginalisées et s’investit activement dans sa communauté. À travers les réseaux sociaux, qu’elle utilise comme des outils de sensibilisation et d’engagement citoyen, elle œuvre pour une information rigoureuse, une sensibilisation positive et une influence constructive.