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Éthiopie : Des panneaux solaires usagés trouvent une seconde vie

Éthiopie : Des panneaux solaires usagés trouvent une seconde vie

L’Éthiopie génère 0,1 kg par personne et par an de déchets d’équipements électriques et électroniques.

Dans son atelier situé à Addis-Abeba, la capitale de l’Éthiopie, l’entrepreneur Zelalem Nigatu et son équipe redonnent une seconde vie aux équipements solaires domestiques usagés. Après les avoir réparés et remis à neuf, ils les revendent à prix réduit aux ménages ruraux via son entreprise, « Inter Ethiopia Solution PLC », qui a fait de la gestion des déchets électroniques son cheval de bataille.

Zelalem Nigatu, fondateur de l’entreprise « Inter Ethiopia Solution PLC ».
Crédit photo: Zelalem Nigatu/Photo privée autorisée/dpa

Souvent abandonnés sur les routes ou dans des zones rurales reculées, les panneaux solaires sont considérés comme des déchets électroniques, en raison des matériaux potentiellement dangereux qu’ils contiennent, comme le plomb, le sélénium ou encore certains plastiques et composants électroniques pouvant libérer des substances toxiques dans l’environnement.

« Notre solution fournit une énergie propre et abordable aux zones rurales, jusqu’à 80 pour cent moins chère que les produits disponibles sur le marché, tout en réduisant la pollution liée aux déchets électroniques, qui peuvent nuire à la santé des générations futures », explique Aron Nebiyu, responsable des opérations chez Inter Ethiopia Solutions PLC. L’Éthiopie génère 0,1 kg par personne et par an de déchets d’équipements électriques et électroniques, selon un document publié en mai 2025 par le ministère de l’Innovation et de la technologie.

Un savoir-faire local à exporter au-delà des frontières


Au départ, l’entreprise importait des systèmes solaires domestiques pour les revendre à des distributeurs, mais de nombreux équipements finissaient inutilisés ou retournés pour panne ou garantie. Avec la pénurie de devises étrangères freinant les importations, « Inter Ethiopia Solution PLC » a choisi de racheter ces systèmes défectueux, de les réhabiliter et de les vendre à prix abordable. « Nous avons commencé en rachetant 800 systèmes solaires domestiques hors service. Nous avons réussi à en réhabiliter 85 pour cent, avant de les remettre sur le marché à 3 200 birrs (éthiopiens, ndlr) l’unité, contre 6 000 birrs pour un produit neuf », indique-t-il à l’agence de presse allemande (dpa).

Au-delà du solaire, l’entreprise applique les principes de l’économie circulaire à d’autres types de déchets électroniques. En effet, elle récupère les batteries lithium-ion provenant d’anciens appareils, qu’elle réhabilite et assemble pour créer des unités de stockage d’énergie plus puissantes.

Employant seize personnes, l’entreprise a réussi à ce jour à remettre à neuf plus de 3 500 équipements solaires et à collecter 45 tonnes de déchets électroniques. « Nous sommes résolus à nettoyer l’Éthiopie. Et une fois cela accompli, nous voulons nettoyer l’Afrique. Nous souhaitons également que notre modèle économique puisse être facilement reproduit dans d’autres pays afin qu’ils s’inspirent de notre démarche en matière d’économie circulaire et de gestion des déchets électroniques », conclut Aron.

Source: dpa Deutsche Presse-Agentur.

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A propos de l’autrice

Annela Faustine Niamolo

Annela Faustine Niamolo, née à Bangui, en République Centrafricaine, est une journaliste, poétesse et scénariste passionnée par l’art et l’écriture. Son recueil de poèmes intitulé “Les larmes de mon cœur” a été publié en mars 2019. Titulaire d’une licence en journalisme, elle a débuté sa carrière à la radio locale du Réseau des Journalistes pour les droits de l’Homme (RJDH) avant de devenir journaliste photographe indépendante et correspondante pour l’AFP en République Centrafricaine en 2022. Engagée dans sa communauté, la journaliste continue sa formation journalistique en se spécialisant dans les questions d’environnement et de culture, tout en mettant en lumière les enjeux sociaux en Centrafrique.