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Afrique de l’Ouest : des journalistes contre la désinformation

Afrique de l’Ouest : des journalistes contre la désinformation

Soutenue par l’Allemagne, cette initiative est portée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

La désinformation constitue une menace croissante pour la cohésion sociale et la stabilité dans les communautés africaines.
Crédit photo: picture alliance / dpa

Des journalistes et des professionnels des médias de sept pays d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Togo, Guinée, Liberia, Guinée-Bissau, Cap-Vert et Sénégal) ont été formés à la lutte contre la désinformation, la mésinformation et les discours antidémocratiques, dans le cadre de la première phase d’un programme visant à promouvoir l’intégrité de l’information dans une région confrontée à la prolifération de manœuvres de déstabilisation en ligne.

Soutenu par l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ) et porté par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ce programme régional est conçu pour promouvoir un journalisme responsable, investigatif et fondé sur des faits vérifiés, selon les organisateurs. Il est mis en œuvre en collaboration avec la Media Foundation for West Africa (MFWA), une ONG régionale indépendante basée à Accra (Ghana), reconnue comme la principale organisation de défense de la liberté d’expression, de l’accès à l’information et du développement des médias en Afrique de l’Ouest.

La désinformation, un « fléau » en Afrique de l’Ouest


Le programme constitue, selon les initiateurs, une réponse directe au « fléau » des fausses nouvelles (fake news) et aux discours « hostiles aux valeurs démocratiques » en Afrique de l’Ouest et dans le Sahel, où sévit un « désordre informationnel » marqué par une montée « inquiétante » de la désinformation. La formation a porté, entre autres, sur l’éducation aux médias et à l’information (EMI), la vérification des faits, la détection des réseaux de désinformation à l’aide d’outils numériques appropriés, le journalisme sensible aux conflits, ainsi que sur la promotion de la démocratie, de la paix et de la bonne gouvernance en Afrique de l’Ouest.

Dans un contexte de forte expansion numérique, la désinformation, les discours de haine et les théories du complot en ligne constituent une menace croissante pour la cohésion sociale et la stabilité des communautés dans de nombreux pays africains, un phénomène accentué par l’essor de l’intelligence artificielle (IA).

Des campagnes soutenues par des acteurs extérieurs


Des campagnes de désinformation, parfois alimentées par des acteurs extérieurs, visent à accentuer la polarisation de la société, à exacerber les tensions communautaires, à discréditer les processus démocratiques et à saper, de manière ciblée, la confiance dans les institutions, selon des analystes. Au-delà des objectifs géopolitiques et de politique intérieure, des motivations économiques contribuent de plus en plus à la propagation de la désinformation.

Une régulation insuffisante de l’espace numérique, le manque de compétences institutionnelles et citoyennes, ainsi que l’absence d’un journalisme de qualité figurent parmi les facteurs aggravants de ce phénomène. Dans ce contexte, la montée en compétences des journalistes s’impose pour sécuriser l’espace informationnel et protéger les populations contre les tentatives de manipulation, estiment des spécialistes.

Source : dpa Deutsche Presse-Agentur

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A propos de l’autrice

Annela Faustine Niamolo

Annela Faustine Niamolo est journaliste d’investigation et photographe, née à Bangui en République centrafricaine. Titulaire d’une licence en journalisme, elle a débuté sa carrière au Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme (RJDH) avant de devenir journaliste photographe indépendante et correspondante de l’AFP en République centrafricaine en 2022.

Engagée dans sa communauté, elle se spécialise dans le journalisme environnemental et culturel et est boursière de la cohorte 2 du programme de journalisme environnemental de Mongabay Afrique.

À travers son travail journalistique et photographique, elle met en lumière les réalités sociales souvent marginalisées et s’investit activement dans sa communauté. À travers les réseaux sociaux, qu’elle utilise comme des outils de sensibilisation et d’engagement citoyen, elle œuvre pour une information rigoureuse, une sensibilisation positive et une influence constructive.