À Agoè-Nyivé 4, dans la périphérie du Grand Lomé, la jeunesse s’impose comme un acteur clé de la lutte contre les défis environnementaux. À travers le projet ORA’ENVI, l’art oratoire devient un levier inédit de sensibilisation et d’engagement citoyen.

Dans cette commune confrontée à des problèmes persistants d’assainissement et de gestion des déchets, l’initiative apparaît comme une réponse innovante, centrée sur le changement de mentalités et de comportements.
Pour les autorités locales, ORA’ENVI arrive à point nommé.
« Nous nous réjouissons que des jeunes se retrouvent et s’organisent pour penser à l’environnement. Notre commune fait face à un enjeu majeur lié à l’assainissement. En écoutant les candidats, cela prouve qu’un travail de fond se fait pour changer les mentalités. Aujourd’hui, pour venir à bout de cette lutte, il faut un changement de comportement, et cela passe par la jeunesse, notamment les élèves », souligne Abdoul-Raouf Tchassama, représentant du maire d’Agoè-Nyivé 4.
Porté par les lauréats du programme Amnesty Youth Squad, avec l’appui d’Amnesty International Togo et de plusieurs partenaires, le projet vise à donner aux jeunes les outils nécessaires pour faire entendre leur voix sur les enjeux environnementaux et les droits humains.
« Nous croyons au pouvoir des jeunes, mais aussi au pouvoir de la parole. Nous voulons renforcer la dynamique et l’implication de la jeunesse dans les questions environnementales », explique Kodjo Mlagani, coordonnateur de la deuxième édition du projet.
Au-delà de la prise de parole, l’ambition est aussi politique et sociale : « Nous voulons renforcer l’implication des jeunes dans les projets environnementaux des communes. À travers les prestations des candidates, il s’agit de porter un plaidoyer pour que les jeunes soient davantage pris en compte dans les initiatives locales », ajoute-t-il.

La finale du concours a réuni six candidates issues de plusieurs établissements scolaires de la commune, marquant l’aboutissement d’un processus de formation intensif. Pendant plusieurs semaines, elles ont été formées à l’art oratoire, aux droits humains et aux enjeux liés à la protection de l’environnement.
« Nous avons été formées en art oratoire, sur la protection de l’environnement et sur les droits de l’homme. Plusieurs formateurs nous ont accompagnées et ont contribué à notre progression », confie la lauréate, visiblement émue.
Au cœur des échanges, deux thématiques majeures : l’implication des jeunes dans la gestion des déchets et la place de la jeune fille face aux défis environnementaux. Des débats qui ont mis en lumière à la fois les limites actuelles et les opportunités d’engagement.
Pour la lauréate, la question du genre est centrale : « La jeune fille n’est pas seulement destinée au foyer. Elle peut être une leader et intervenir activement dans la gestion des déchets. »
Dans un contexte où les femmes sont souvent les premières affectées par les conséquences de la dégradation environnementale, leur implication apparaît essentielle pour construire des solutions durables.
ORA’ENVI, est bien plus qu’un concours qui se joue. Mais une nouvelle génération de jeunes citoyens qui s’exprime, s’affirme et s’engage.
Dans une ville en quête de solutions face aux défis environnementaux, leur voix pourrait bien devenir un moteur de transformation durable.










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