Nexus Sango

Annela : Plongez au cœur de l’actualité africaine avec une analyse pointue et des reportages de terrain.

Article sans titre 683

Elle permet de réchauffer et stabiliser les nouveau-nés souffrant d’hypothermie, notamment les prématurés et les bébés fragiles nécessitant une assistance thermique immédiate.

Par Marwa Dellagi

Elisée Fade, fondateur de la start-up béninoise « Up Elec Sarl ».
Crédit photo: Elisée Fade/photo privée autorisée/dpa

Face aux difficultés d’accès à des équipements néonataux adaptés dans de nombreux centres de santé africains, l’ingénieur béninois Elisée Fade a développé une table chauffante autonome fonctionnant à l’énergie solaire pour améliorer la prise en charge des nouveau-nés vulnérables.

Brevetée auprès de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI), cette table a été pensée pour réchauffer et stabiliser les nouveau-nés souffrant d’hypothermie, notamment les prématurés et les bébés fragiles nécessitant une assistance thermique immédiate.

« Notre objectif est de contribuer à réduire la mortalité infantile en proposant une solution fiable, accessible et adaptée aux réalités des hôpitaux africains », explique Elisée dans un entretien accordé à la dpa. Âgé d’une trentaine d’années, cet ingénieur en génie industriel et maintenance biomédicale est le fondateur de la start-up béninoise « Up Elec Sarl », spécialisée dans les technologies médicales et les solutions énergétiques adaptées aux réalités locales.

Une alternative aux équipements importés


Depuis 2022, l’entreprise travaille sur des équipements biomédicaux conçus en Afrique, avec une ambition claire : proposer des alternatives accessibles aux matériels importés souvent coûteux et difficiles à maintenir. Selon le Béninois, l’idée de ce projet est née après une discussion avec une sage-femme à la recherche d’une couveuse importée, dont le coût atteignait plusieurs millions de francs CFA.

« Cette femme est allée jusqu’à remettre en question notre rôle d’ingénieurs et notre dépendance aux équipements venus de l’étranger. Ses paroles ont été un véritable déclic pour nous. Conscients que nous avions déjà des bases techniques dans ce domaine, nous lui avons alors proposé une alternative : un dispositif simple, accessible et adapté à son besoin réel. C’est ainsi que tout a commencé », raconte-t-il.

Dès lors, l’équipe d’Up Elec Sarl décide alors de développer une solution locale plus accessible. Un gynécologue viendra ensuite encourager les jeunes ingénieurs à aller plus loin en les mettant au défi de concevoir leur propre équipement médical.

Vers une industrialisation de la solution


Après plusieurs prototypes et de nombreuses phases d’amélioration, l’entreprise parvient à mettre au point une table chauffante adaptée aux besoins des structures sanitaires locales.

Aujourd’hui, 78 équipements et solutions techniques ont déjà été déployés dans des hôpitaux publics et privés au Bénin. Selon Elisée, plus de 5 000 nouveau-nés ont bénéficié de cette technologie, tandis que plus de 600 professionnels de santé ont été formés à son utilisation.

L’entreprise travaille désormais à l’amélioration de son dispositif, notamment à travers une autonomie solaire complète et l’intégration de nouvelles fonctionnalités médicales, comme le suivi SPO2 et ECG avec stockage des données. Elle ambitionne également d’industrialiser sa production et d’obtenir des certifications nationales et internationales afin de déployer sa technologie dans d’autres pays africains. D’ici fin 2026, elle espère équiper au moins 500 hôpitaux sur le continent.

Labellisée start-up innovante par le ministère béninois du Numérique et de la Digitalisation, Up Elec poursuit actuellement la recherche de partenaires techniques et financiers pour accélérer son développement et renforcer son impact dans le domaine de la santé néonatale en Afrique.

Source : dpa Deutsche Presse-Agentur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A propos de l’autrice

Annela Faustine Niamolo

Annela Faustine Niamolo est journaliste d’investigation et photographe, née à Bangui en République centrafricaine. Titulaire d’une licence en journalisme, elle a débuté sa carrière au Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme (RJDH) avant de devenir journaliste photographe indépendante et correspondante de l’AFP en République centrafricaine en 2022.

Engagée dans sa communauté, elle se spécialise dans le journalisme environnemental et culturel et est boursière de la cohorte 2 du programme de journalisme environnemental de Mongabay Afrique.

À travers son travail journalistique et photographique, elle met en lumière les réalités sociales souvent marginalisées et s’investit activement dans sa communauté. À travers les réseaux sociaux, qu’elle utilise comme des outils de sensibilisation et d’engagement citoyen, elle œuvre pour une information rigoureuse, une sensibilisation positive et une influence constructive.