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Centrafrique : le BRDC dresse un réquisitoire sévère contre la gouvernance de Touadéra et appelle à un dialogue politique

Centrafrique : le BRDC dresse un réquisitoire sévère contre la gouvernance de Touadéra et appelle à un dialogue politique

La coalition d’opposition Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) a livré un réquisitoire sans concession contre la gestion du pays par le président Faustin Archange Touadéra, dénonçant une dégradation généralisée des conditions de vie et une crise multidimensionnelle persistante.

Crépin Mboligoumba.

Dans une déclaration liminaire prononcée lors d’une conférence de presse tenue à Bangui, le coordonnateur du BRDC, Crépin Mboligoumba, a affirmé que « le peuple centrafricain vit toutes sortes de souffrances comme jamais auparavant » depuis l’arrivée au pouvoir du chef de l’État en 2016.

Une situation sécuritaire jugée alarmante

Le BRDC pointe du doigt une montée inquiétante de l’insécurité dans la capitale Bangui, marquée par des braquages récurrents, des assassinats et des violations des droits humains en milieu carcéral. La coalition évoque notamment l’exécution récente d’un policier enlevé dans l’exercice de ses fonctions.

À l’intérieur du pays, la situation sécuritaire est également décrite comme critique. À l’Est, l’opposition dénonce la gestion controversée de la milice Azandé, tandis qu’à l’Ouest, elle alerte sur des violences extrêmes, évoquant des cas de décapitations.

Des secteurs sociaux en déliquescence

Sur le plan éducatif, le BRDC dépeint un système en crise, avec des élèves contraints d’étudier à même le sol ou sous les arbres dans certaines localités. Le recours massif aux maîtres-parents, représentant près de 67 % du personnel enseignant selon la coalition, est également mis en cause dans la baisse du niveau scolaire.

L’enseignement supérieur n’est pas épargné. L’unique université du pays souffrirait d’un manque d’infrastructures, d’amphithéâtres insuffisants et d’une absence de bibliothèque moderne, limitant les capacités d’accueil des étudiants, notamment ceux venus des provinces.

Dans le secteur de la santé, l’opposition dénonce des structures dépourvues d’équipements adéquats, estimant que les patients ont « moins de chances de survie » que dans d’autres pays africains.

Infrastructures et économie : un constat sévère

Le réseau routier est également pointé du doigt. Dans les provinces, les agriculteurs peinent à acheminer leurs produits vers les centres urbains en raison de la dégradation avancée des routes et des ponts. À Bangui, la circulation est décrite comme chaotique, avec des routes récemment réhabilitées dont la durée de vie n’excéderait pas six mois.

Sur le plan économique, le BRDC évoque des perspectives « sombres », critiquant notamment la politique gouvernementale sur les prix des hydrocarbures et une gouvernance jugée peu orthodoxe. La coalition affirme également que le pays est marginalisé sur la scène financière internationale.

Environnement et exploitation minière en question

La coalition alerte par ailleurs sur les conséquences environnementales de l’exploitation des ressources minières, notamment l’or. Elle dénonce une pollution accrue des eaux et un manque de transparence dans l’attribution des permis miniers.

Une légitimité contestée et un appel au dialogue

Sur le plan politique, le BRDC considère que la crise s’est aggravée à la suite des dernières élections, organisées selon elle par une autorité électorale partiale. La coalition rappelle avoir appelé au boycott du scrutin, estimant que le faible taux de participation observé remet en cause la légitimité des institutions issues du processus électoral.

Évoquant une fracture croissante entre le pouvoir et la population, le BRDC cite notamment la faible mobilisation lors de l’investiture présidentielle au stade de 20 000 places comme symbole du désenchantement populaire.

Face à cette situation, la coalition appelle à une mobilisation citoyenne et à l’organisation d’un dialogue politique inclusif pour sortir de la crise.

« Le peuple centrafricain doit se mobiliser pour exiger un véritable dialogue politique », a conclu Crépin Mboligoumba.

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A propos de l’autrice

Annela Faustine Niamolo

Annela Faustine Niamolo est journaliste d’investigation et photographe, née à Bangui en République centrafricaine. Titulaire d’une licence en journalisme, elle a débuté sa carrière au Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme (RJDH) avant de devenir journaliste photographe indépendante et correspondante de l’AFP en République centrafricaine en 2022.

Engagée dans sa communauté, elle se spécialise dans le journalisme environnemental et culturel et est boursière de la cohorte 2 du programme de journalisme environnemental de Mongabay Afrique.

À travers son travail journalistique et photographique, elle met en lumière les réalités sociales souvent marginalisées et s’investit activement dans sa communauté. À travers les réseaux sociaux, qu’elle utilise comme des outils de sensibilisation et d’engagement citoyen, elle œuvre pour une information rigoureuse, une sensibilisation positive et une influence constructive.