
Crédit photo: Matthieu Imani Safari/photo privée autorisée/dpa
Il mise sur la mouche soldat noire pour transformer les déchets organiques des bases-vies minières en ressources agricoles.
Transformer les déchets organiques issus des activités minières en ressources destinées à l’agriculture, c’est l’ambition de l’entrepreneur congolais Matthieu Imani Safari, qui développe à Kolwezi, dans la province du Lualaba, en République Démocratique du Congo (RDC), une bio-industrie fondée sur l’économie circulaire.
À travers ce projet qu’il a baptisé « ReGen », son équipe utilise la bioconversion par la mouche soldat noire pour valoriser notamment les déchets organiques produits dans les bases-vies minières.
Les larves de cet insecte permettent de transformer ces déchets en deux produits : une farine animale alternative destinée aux éleveurs et un fertilisant organique destiné notamment à la restauration des sols dégradés.
« Le recyclage n’est pas une simple technique pour moi ; c’est un métier que je porte profondément au cœur. C’est l’art de redonner de la dignité à ce que la société rejette », explique Matthieu, 27 ans, dans un entretien accordé à la dpa.
Une farine animale moins chère que les alternatives classiques
Selon ce diplômé en architecture, le procédé permet, en l’espace de 14 jours, de transformer les déchets organiques en « ReGen-Protéine », une farine animale annoncée comme 30 pour cent moins chère que les alternatives classiques, et en « ReGen-Sol », un fertilisant organique destiné à améliorer la qualité des sols.
Le projet a récemment été sélectionné et accéléré par le programme d’incubation Orange Corners RDC, soutenu par les Pays-Bas. Il a également suscité l’intérêt de plusieurs entreprises minières lors du forum d’affaires Katanga Business Meeting (KBM) 2026, qui s’est déroulé en mai dernier à Kolwezi.
« Notre solution de bioconversion a fortement impressionné plusieurs grandes compagnies minières de la région », affirme le Congolais, précisant que certaines d’entre elles souhaitent étudier l’installation de modules de traitement des biodéchets directement dans leurs bases-vies. Fort de ces premiers résultats, l’entrepreneur veut désormais passer à l’échelle industrielle. Il prévoit de mettre en place à Kolwezi une première unité pilote conteneurisée et modulaire de 300 m², conçue pour être reproduite le long des corridors miniers d’Afrique centrale.
Au-delà de la valorisation des déchets, ReGen porte également une dimension sociale. Matthieu Imani Safari souhaite utiliser les revenus générés par cette activité pour développer des centres de formation agroécologique destinés aux jeunes et aux femmes en situation de précarité.
« Mon ambition absolue est de faire de ReGen un pont thérapeutique et économique », affirme-t-il. À terme, il ambitionne ainsi de faire de ReGen un modèle africain d’économie circulaire capable de transformer les déchets industriels en ressources agricoles tout en créant des emplois et en renforçant l’autonomie des populations vulnérables.
Source : dpa Deutsche Presse-Agentur










Laisser un commentaire