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ONUDC : les prisons africaines sous le poids de la surpopulation

ONUDC : les prisons africaines sous le poids de la surpopulation

Près de 93 % des pays africains font état de prisons surpeuplées. Les femmes ne représentent que 3,2 % de la population carcérale africaine, la proportion la plus faible au monde.

La surpopulation demeure le principal défi des administrations pénitentiaires africaines.
Crédit photo: picture alliance / Marijan Murat/dpa

La surpopulation carcérale et le recours massif à la détention provisoire continuent de peser sur les systèmes pénitentiaires africains, malgré un taux d’incarcération parmi les plus faibles au monde, selon le rapport « Prison Matters 2026 » de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

Troisième édition de cette publication consacrée aux systèmes pénitentiaires dans le monde, le rapport s’appuie sur les données de 43 pays africains. L’Afrique subsaharienne affiche un taux d’incarcération inférieur à 100 détenus pour 100 000 habitants, l’un des plus faibles au monde, relève le rapport.

Une détention provisoire qui touche surtout les femmes


Le continent enregistre en revanche l’une des plus fortes proportions de détenus non condamnés. En 2024, environ 34 % de la population carcérale africaine était en détention provisoire, a précisé l’ONUDC. Les femmes sont particulièrement exposées à cette situation : 44 % d’entre elles sont détenues sans avoir été jugées, contre 34 % des hommes, soit un écart de dix points de pourcentage.

La surpopulation demeure le principal défi des administrations pénitentiaires africaines. Près de 93 % des pays africains disposant de données officielles exploitent leurs établissements au-delà de leur capacité d’accueil, souligne le rapport. Les femmes ne représentent que 3,2 % de la population carcérale africaine, la proportion la plus faible au monde, a encore relevé l’ONUDC. Elles restent également sous-représentées parmi le personnel pénitentiaire, où elles ne constituent que 20 % des effectifs, l’un des taux les plus faibles au monde, à égalité avec l’Asie.

Le Kenya, exemple de coopération avec les communautés


Face à ces défis, l’ONUDC cite le Kenya comme exemple de coopération entre l’administration pénitentiaire et les communautés. Depuis 2001, le pays a engagé une politique de « portes ouvertes » qui a permis, selon un responsable associatif cité dans le rapport, de « voir les prisonniers comme des êtres humains ».

Bénévoles, anciens détenus et organisations religieuses contribuent désormais à réduire la stigmatisation et à préparer la réinsertion des détenus, notamment en facilitant leur accès au logement, à l’emploi et au microfinancement. Chaque établissement est doté d’une commission chargée de préparer la sortie des détenus, a indiqué le rapport. Si les communautés peuvent jouer un rôle moteur dans cette démarche, seul l’État est en mesure d’en garantir l’ampleur et la pérennité, a estimé l’ONUDC.

Dans le monde, 11,6 millions de détenus en 2024


À l’échelle mondiale, quelque 11,6 millions de personnes étaient détenues en 2024, soit une hausse de 4,9 % sur dix ans. Les hommes représentent 93 % de la population carcérale mondiale, soit environ 11 millions de détenus. Près d’un tiers des personnes incarcérées, soit 3,6 millions, étaient en détention provisoire, a ajouté l’agence.


Source : dpa Deutsche Presse-Agentur

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A propos de l’autrice

Annela Faustine Niamolo

Annela Faustine Niamolo est journaliste d’investigation et photographe, née à Bangui en République centrafricaine. Titulaire d’une licence en journalisme, elle a débuté sa carrière au Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme (RJDH) avant de devenir journaliste photographe indépendante et correspondante de l’AFP en République centrafricaine en 2022.

Engagée dans sa communauté, elle se spécialise dans le journalisme environnemental et culturel et est boursière de la cohorte 2 du programme de journalisme environnemental de Mongabay Afrique.

À travers son travail journalistique et photographique, elle met en lumière les réalités sociales souvent marginalisées et s’investit activement dans sa communauté. À travers les réseaux sociaux, qu’elle utilise comme des outils de sensibilisation et d’engagement citoyen, elle œuvre pour une information rigoureuse, une sensibilisation positive et une influence constructive.