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Centrafrique : Mise en service partielle du champ solaire à Sakaï 2, ouvre une nouvelle étape pour l’électricité en Centrafrique

Centrafrique : Mise en service partielle du champ solaire à Sakaï 2, ouvre une nouvelle étape pour l’électricité en Centrafrique

La République centrafricaine a franchi une nouvelle étape dans le renforcement de sa capacité énergétique. Le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, a présidé mercredi 12 août 2026, à Bimbo, au sud-ouest de Bangui, la cérémonie de mise en service partielle du champ solaire de Sakaï 2, avec les premières injections d’électricité sur le réseau de l’Énergie centrafricaine (ENERCA).

La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement, des responsables de l’ENERCA, du représentant des Émirats arabes unis, de la délégation de Global South Utilities (GSU), conduite par son directeur général Alil Al Shimmar, ainsi que des populations riveraines.

D’une capacité totale annoncée de 65 mégawatts (MW) et financé à hauteur de 90 millions de dollars par les Émirats arabes unis, le projet est présenté par les autorités comme l’un des investissements énergétiques majeurs réalisés ces dernières années en République centrafricaine. Il doit contribuer à renforcer la production de l’ENERCA et à réduire les délestages qui affectent régulièrement Bangui et ses environs.

Une première injection de 15 MW

La mise en service effectuée mercredi constitue toutefois une étape intermédiaire. Selon le ministre par intérim chargé du Développement de l’Énergie et de l’Hydraulique, Rufin Benam Beltoungou, 15 MW sur les 65 MW prévus sont dans un premier temps injectés sur le réseau.

Cette première phase doit notamment permettre d’alimenter des quartiers situés dans les 3e et 9e arrondissements de Bangui, avant une extension progressive à d’autres zones de la capitale. La montée en puissance du dispositif est annoncée jusqu’au mois de décembre prochain.

« Il s’agit de la première étape de fourniture en énergie de 15 mégawatts sur les 65 mégawatts prévus », a précisé le ministre, appelant également les populations à participer à la sécurisation des installations jusqu’à leur raccordement complet au réseau de l’ENERCA.

Le projet, qui s’étend sur près de 150 hectares, est présenté par les autorités centrafricaines comme une infrastructure énergétique de grande ampleur et comme une composante importante de la stratégie visant à améliorer durablement l’accès à l’électricité.

Les Émirats réaffirment leur engagement

Pour les Émirats arabes unis, partenaires financiers du projet, la mise en service partielle traduit également la volonté de poursuivre la coopération avec Bangui dans le secteur énergétique.

Le représentant émirati, Sir Ali Alshammari, a salué la collaboration entre les experts de GSU et ceux de l’ENERCA et réaffirmé l’engagement de son pays à accompagner la Centrafrique dans le développement de ses infrastructures énergétiques.

« Nous sommes très heureux de voir cette collaboration entre les experts de GSU et ceux de l’ENERCA aboutir à cette étape importante. L’électricité est essentielle au développement, mais elle va également créer de nouvelles opportunités pour le développement du pays. Les Émirats arabes unis restent engagés aux côtés de la République centrafricaine pour accompagner la production d’énergie et contribuer à son développement. »

Cette coopération constitue, selon les autorités, un élément central dans la réalisation du projet, dont l’exécution a été confiée à Global South Utilities sous la supervision de la Cellule stratégique d’orientation et de suivi des grands travaux et des investissements stratégiques de la Présidence.

Crédit photo : La Renaissance

« Les bases de l’industrialisation »

Dans son mot de bienvenue, le ministre coordinateur de la Cellule stratégique, Pascal Bida Koyagbelé, a salué la détermination du chef de l’État dans la conduite du projet. Il a estimé que le renforcement de l’offre énergétique constituait une condition importante pour accompagner la transformation économique du pays.

Pour le responsable, le projet de Sakaï 2 participe ainsi à la mise en place des infrastructures nécessaires à l’industrialisation de la République centrafricaine.

Le président Touadéra s’est, pour sa part, félicité de l’aboutissement de cette première phase, estimant que le projet répond à un besoin urgent des populations et doit contribuer à l’amélioration de leurs conditions de vie.

Le chef de l’État a également remercié les autorités émiraties pour leur soutien et pour la mobilisation de leurs compétences aux côtés des techniciens centrafricains.

« C’est une phase déterminante pour notre pays. Les experts vont poursuivre le travail. Je demande de la patience aux populations », a déclaré Faustin-Archange Touadéra.

Un enjeu majeur pour Bangui

Dans une capitale confrontée depuis plusieurs années à des difficultés d’approvisionnement en électricité, l’arrivée progressive de cette nouvelle capacité de production constitue un enjeu majeur. Les autorités annoncent que le projet devrait, à terme, contribuer à l’amélioration de l’alimentation électrique de Bangui et de ses environs, avec un impact annoncé sur quelque 300 000 foyers.

Au-delà de la réduction des délestages, le gouvernement présente Sakaï 2 comme un levier susceptible de soutenir l’activité économique, l’industrialisation et la création de nouvelles opportunités pour les populations.

La mise en service du 12 août ne marque donc pas l’achèvement du projet, mais le début de sa montée en puissance. Les prochaines étapes devront permettre l’injection progressive des 50 MW restants, jusqu’à atteindre la capacité annoncée de 65 MW.

Pour les autorités centrafricaines, l’enjeu est désormais double : assurer la poursuite technique du déploiement et garantir la protection des installations afin que le projet puisse produire pleinement les effets attendus sur l’accès à l’électricité dans la capitale et ses environs.

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A propos de l’autrice

Annela Faustine Niamolo

Annela Faustine Niamolo est journaliste d’investigation et photographe, née à Bangui en République centrafricaine. Titulaire d’une licence en journalisme, elle a débuté sa carrière au Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme (RJDH) avant de devenir journaliste photographe indépendante et correspondante de l’AFP en République centrafricaine en 2022.

Engagée dans sa communauté, elle se spécialise dans le journalisme environnemental et culturel et est boursière de la cohorte 2 du programme de journalisme environnemental de Mongabay Afrique.

À travers son travail journalistique et photographique, elle met en lumière les réalités sociales souvent marginalisées et s’investit activement dans sa communauté. À travers les réseaux sociaux, qu’elle utilise comme des outils de sensibilisation et d’engagement citoyen, elle œuvre pour une information rigoureuse, une sensibilisation positive et une influence constructive.